VegOresto : l’éthique dans l’assiette à Orléans

246 lectures

Repenser les légumes et leur cuisson

Aurélie Cadeau, référante locale de l'association L214.

Aurélie Cadeau, référante locale de l’association L214.

Lancées par Aurélie Cadeau pour la première fois sur Orléans en juin 2014 dans le cadre de La Fête de la Gastronomie au restaurant Au Bon Marché, ces soirées visent non seulement à sortir les végétariens/végétaliens de l’isolement mais surtout à prouver aux restaurateurs qu’il existe une demande bien réelle de ces menus 100% végétal. « Je suis végétarienne depuis 9 ans par respect des êtres sentients, je n’aime pas que l’on tue inutilement. J’ai entendu parlé de VegOresto sur Facebook et j’étais ravie d’apprendre qu’il existe quelques restaurants végétaliens sur Orléans contrairement à Paris où il y en a beaucoup, confie Halina, l’une des 66 convives de la soirée.C’est donc la première fois que je viens. C’est convivial, chaleureux et je suis bluffée par le menu ».

Des plats savoureux concoctés ce soir-là par le jeune chef de 27 ans, Benjamin Clément, qui n’a pas hésité une seule seconde à s’impliquer dans l’opération : « C’est la première fois que je fais un menu entièrement végétalien : j’avais déjà essayé en incluant des plats végétariens ou végétaliens dans nos formules mais il n’y avait pas eu d’engouement. C’est original, ça change du quotidien et ce n’est pas du tout handicapant dans la mesure où ça ne demande pas de produits en plus. Cela oblige seulement à repenser les légumes, leur taille et donc leur cuisson. En revanche, côté assiette on a l’impression qu’il manque quelque chose, ça fait pas complet ! ».

5 resto VegO

Ville organisatrice de la première heure avec Paris, Lyon et Vannes, Orléans compte aujourd’hui cinq restaurants adhérents à la Charte VegOresto (Au Bon Marché, Le Kogi, Le Girouet, Le Lift, et Voici Venu le Temps) présentant une offre pérenne sur leur carte. « On a toujours un bon accueil ! Les restaurants gastronomiques ne sont pas forcément acquis à notre cause alors manger un vrai repas végétalien dans un de ces restaurants c’est positif ! Il y a une une bonne dynamique qui présage un bel avenir ».

D’autant qu’à chaque fois pas moins d’une cinquantaine d’adeptes (hors invités) se rassemblent lors de ces soirées. Parmi lesquels Philippe Clément, végétalien et vegan : « Ces soirées m’apportent du plaisir avec d’autres qui vivent un chemin similaire. Cela permet de découvrir des restaurants, des façons de cuisiner différentes. Pour moi c’est aussi un acte militant. J’ai la conviction de participer à un changement de société : par la relocalisation de ma consommation, je réduis les émissions polluants liés au transport par exemple. C’est citoyen ».

Le végé à l’école : le soutien de la Région

Logo des restaurants adhérents à la charte VegOresto.

Logo des restaurants adhérents à la charte VegOresto.

Mode ou philosophie de vie ? Pour Aurélie Cadeau, le végétarisme/végétalisme est assurément plus qu’une tendance : « Pour nous c’est un vrai mouvement de fond, une certitude : selon le rapport de l’OMS d’octobre dernier, il y a un lien entre charcuterie et l’apparition de certains cancers. Sans oublier la relation entre élevage et réchauffement climatique que COP21 a passé sous silence. Nous devrions tous tendre vers le végétalisme ou le végétarisme mais les lobbies sont très forts en France et la gastronomie française est inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Il faut aller vers un nouveau modèle de société ».

Une approche qui semble clairement se dessiner au regard de la proposition de loi d’Yves Jégo, député UDI, d’introduire des menus alternatifs végétariens dans les cantines scolaires, suite aux 150 000 signatures d’une pétition recueillies. « Un repas végétarien est le repas le plus laïque qui soit ! », souligne Aurélie, également référente de l’Association Végétarienne de France. « L’AVF a mis en place une charte pour ces menus alternatifs : 30 ont été signées par des têtes de liste ou candidats en un mois dont 13 têtes de liste régionalistes parmi lesquelles François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire ».

Prochain rendez-vous VegOresto en février. En attendant, un petit tour sur le sitewww.vegoresto.fr permet de trouver toutes les adresses et infos pratiques nécessaires. Quant aux conseils et idées recettes, quelques clics sur la page Facebook de Philippe Clément devraient vite vous inspirer en épluchant son ‘Je suis ce que je mange’ : « Ce qui me nourrit va modifier ma nature. Mon intention est donc de partager cette conscience avec les autres dans une tonalité joyeuse, car pour moi le végétalisme c’est généreux et vivant ».

source: la rep

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Cet article a été écrit par :

Les commentaires sont fermés