Travailler plus pour gagner plus risque de remise en cause

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Avant de les recevoir en réunions bilatérales à partir de jeudi, au lendemain des arbitrages budgétaires, le Premier ministre avait prévenu les partenaires sociaux d’une « consultation » par téléphone sur la situation économique et sociale mais sans fixer aucun rendez-vous, contraignant les uns et les autres à attendre son coup de fil une bonne partie de la journée. Jacques Voisin (CFTC) avait été le seul à parler, dès dimanche soir, au Premier ministre. Mais ce dernier était resté muet sur ses intentions.
Il a été plus loquace hier. Dans la foulée de l’entretien de François Chérèque avec le chef du gouvernement, la CFDT a diffusé un communiqué précisant que « d’ores et déjà » plusieurs mesures sont à l’étude : sur les grandes entreprises et la taxation des personnes les plus riches, ce qui était connu, mais aussi « sur les heures supplémentaires », sujet jusque-là tabou pour l’exécutif. Une piste confirmée par le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, ainsi que par une source patronale.
10 milliards en 2012

Le chef du gouvernement a évoqué l’idée de « raboter » les heures supplémentaires en leur appliquant le dispositif « qui porte [son]nom ». Ce dernier consiste en un allégement de charges patronales sur les bas salaires, c’est-à-dire sous un plafond de rémunération horaire : 1,6 SMIC. Actuellement, en application de la loi Tepa, une réduction forfaitaire de cotisations patronales est appliquée à toute heure supplémentaire, en plus d’une exonération totale de cotisations salariales et d’impôt sur le revenu (lire ci-contre).
Plusieurs sources ont aussi évoqué hier une mesure en débat au sein du gouvernement sur « le secteur financier ». La semaine dernière, Paris et Berlin ont redit leur détermination à proposer aux pays du G20, en novembre, un projet de taxe sur les transactions financières.
Les arbitrages sur ces mesures devraient être finalisés ce soir, avant une ultime réunion demain à l’Elysée. François Fillon déjeune aujourd’hui avec le ministre de l’Economie, François Baroin, puis reçoit la ministre du Budget, Valérie Pécresse, dans l’après-midi. Le montant total des économies à réaliser pour tenir les engagements de déficit public (5,7 % du PIB cette année et 4,6 % l’an prochain) est important : le Premier ministre a indiqué hier que le gouvernement ambitionnait des mesures d’économies (ou de recettes) à hauteur de 3 à 4 milliards d’euros cette année, et de 10 milliards d’euros l’an prochain, davantage que ce qui était indiqué jusqu’ici. Cela implique au passage que le gouvernement se saisisse du collectif budgétaire prévu début septembre pour mettre en oeuvre de premières mesures. « Ces mesures sont plutôt rassurantes, les salariés ne sont pas ciblés », a réagi hier soir le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Pour autant, « cela ne change rien à nos exigences », a-t-il ajouté.
Chacun des leaders syndicaux et patronaux a d’ailleurs tenté de peser sur les choix gouvernementaux. François Chérèque a évoqué l’idée de réactiver le « fonds d’investissement social » mis en oeuvre en 2009 et tombé depuis dans les limbes et précisé que son organisation « s’opposerait à toute remise en cause des aides sociales à des fins d’économies ». « Sécurité sociale, protection sociale complémentaire, indemnités journalières, tickets restaurant… Ne touchez pas aux droits collectifs », a insisté pour sa part Jean-Claude Mailly, tandis que le patronat a mis l’accent, de son côté, sur la nécessité de préserver la compétitivité des entreprises.
leïla de comarmond, Les Echos

et véronique le billon, Les Echos

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Directrice générale de Reso France, Marie partage avec vous l'actualité de l'emploi et des ressources humaines.