Quand giscard d’estaing père et fils s’occupent de tourisme, on frise la catastrophe

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L’Hôtel de la Marine est un palais du XVIIIème siècle sur la place de la Concorde, en plein cœur de Paris. Il est aujourd’hui occupé par l’Etat-major de la Marine nationale qui doit quitter les lieux en 2014 pour rejoindre le nouveau ministère de la défense à Ballard. L’Etat avait lancé en 2010 un appel à projet afin de trouver un nouveau locataire, et surtout de ne pas prendre à sa charge les 200 millions d’euros de travaux rendus nécessaires par les dégradations du temps et le manque d’entretien des occupants actuels. Après la levée de boucliers de VGE et de plusieurs intellectuels qui ont cru déceler dans l’appel à projet une privatisation du bâtiment, alors même qu’il était précisé que l’État resterait seul et unique propriétaire, Nicolas Sarkozy a préféré temporiser en nommant une commission chargée de réfléchir à l’avenir de l’Hôtel de la Marine.

Une commission biaisée

C’est Valéry Giscard d’Estaing lui-même qui a été chargé de nommer les membres de cette commission qu’il préside. Il n’a sélectionné que des opposants aux différents projets de partenariat public-privé. Tous sont en plus issus des grands corps publics, cercle ultra-conservateur, et veulent farouchement que seule une administration occupe le site, même si cela représente un gouffre financier pour l’État, et plombe un des axes les plus touristiques au monde, l’axe Champs-Elysées – Rivoli – Tuileries – Louvre.

Plus c’est gros, plus ça passe

Mercredi dernier, devant un parterre de châtelains ruinés et d’aristo sur le retour de l’Association des vieilles maisons françaises, VGE s’est permis quelques digressions sur l’Hôtel de la Marine, assurant que si un éventuel opérateur privé était chargé de sa réhabilitation et de sa valorisation, « dans cinq ans, c’est un émirat qui en sera propriétaire ». Soit l’ancien président a menti, soit il ne connait pas du tout le sujet et c’est très inquiétant pour la crédibilité déjà entachée de la commission qu’il dirige. En effet, dans la version initiale de l’appel à projet, il ne s’agissait que de signer un bail « emphytéotique ». C’est à dire une location longue, d’environ 70 ans. L’Etat reste propriétaire, perçoit un loyer, et le « preneur à bail » entretient, exploite et valorise le bâtiment, selon un projet culturel clair et défini à l’origine, à la signature du contrat. La revente par l’exploitant est donc formellement impossible.

Des projets passéistes, sans grand intérêt et peu dynamiques

Dans les projets que doivent passer en revue les membres de la commission, certains sont totalement aberrants. L’un d’eux envisage d’installer dans l’Hôtel de la Marine une annexe de la Cour des comptes, ou encore de céder le bâtiment au Mobilier national, pour qu’il remeuble les deux ou trois pièces d’apparat dans le style d’époque. A deux pas du Louvre, on se demande franchement, quelle est la plus value? Autres possibilités : un musée du XVIIIème siècle ou encore une dépendance du Louvre. Bref rien d’attirant ou rien qui ne rappelle le dynamisme et la fraicheur d’un monument comme le Grand Palais, distant de seulement quelques kilomètres.

VGE, parent du plus grand flop culturel de la décennie

Le fait de recourir aux bons conseils de Valéry Giscard d’Estaing est un un choix plutôt cocasse. On se souvient qu’il y a à peine dix ans, l’ancien président forçait la main à tous les acteurs concernés pour construire son parc d’attraction pédagogique Vulcania. Échec cuisant qui n’a jamais rempli ses objectifs (300 000 visiteurs annuels contre 800 000 attendus), le parc est depuis en déficit permanent et constitue une charge bien lourde pour le Conseil régional d’Auvergne. VGE s’applique depuis scrupuleusement à accepter ce sur quoi il passait systématiquement outre quand il portait son projet Vulcania. Lui qui a tout fait pour construire des parkings en plein parc naturel auvergnat pour acheminer des touristes qui ne sont jamais venus, se fait maintenant le chantre de la protection du patrimoine national ! Cerise sur le gâteau, VGE fanfaronne maintenant d’essayer de résoudre une équation impossible, faire en sorte que « le bâtiment reste propriété de l’Etat, et l’Etat c’est le peuple », mais aussi que « cela ne coûte rien au contribuable ». C’est la définition d’un partenariat public-privé mais il fait mine de ne pas le savoir.
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Directrice générale de Reso France, Marie partage avec vous l'actualité de l'emploi et des ressources humaines.