Accor en analyse de bourse

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Forces :positionnement, rentabilité du segment économique

Faiblesses :sensibilité à la conjoncture, nombreux changements à la direction

Raisons de la Recommandation :

Le marché attendait depuis l’hiver que le nouveau management se fasse une idée précise du groupe, puis qu’il dévoile la stratégie qu’il entend mettre en place pour le rendre plus performant, du moins selon les consignes probables des deux actionnaires de référence. C’est ce qu’il a fait récemment, mais il n’y aura apparemment pas de révolution dans la stratégie, le nouveau dirigeant n’a fait que confirmer celle mise en place par son prédécesseur, en apportant quelques modifications.

L’accent sera toujours mis sur l’hôtellerie économique, la franchise, la vente de murs et l’expansion programmée dans les pays émergents. Avec à la clé l’ouverture de 40 000 chambres par an à partir de 2012 après les 35 000 prévues pour cette année. La marque Ibis deviendra le fer de lance de l’Economique, avec deux enseignes, Ibis Style qui remplace lamarque All Seasons pourtant très récente, et Ibis Budget à la place de Etap Hotel. Quant aux autres marques, Novotel, Mercure et Pullman (également récente), il a été indiqué que les chantiers étaient « ouverts ». Sofitel est déjà classée dans le segment Luxe de l’hôtellerie. Reste la chaîne américaine Motel 6, pour laquelle une vente totale n’est d’ailleurs pas écartée, et qui va se voir appliquer le même traitement, franchise et cessions des murs. Il faudra voir comment vont réagir les franchisés qui ont rejoint le groupe récemment sur des enseignes qui vont disparaître, puisque cette transformation va reposer sur 36 % du parc et coûter 150 m€.

La franchise sera toujours privilégiée, y compris à l’étranger, et le parc immobilier encore allégé avec 175 hôtels qui restent à vendre dans le cadre d’un nouveau plan, en plus des 225 restant à vendre de l’ancien programme puisque sur les 450 prévus la moitié a été réalisée, le but est de réduire la dette d’encore 1 Md€. Pour les ouvertures de chambres et d’hôtels, les pays émergents seront privilégiés, car la demande d’infrastructures hôtelières devrait y rester forte encore plusieurs années. L’accent est logiquement mis sur les points forts d’Accor, son hôtellerie économique, la plus rentable, tout en allégeant ses finances ; l’objectif est d’augmenter les marges, y compris avec des hausses du prix des chambres.

Les comptes semestriels, annoncés précédemment, sont assez bons, le groupe bénéficie de la reprise de l’activité et de son positionnement en classe économique, avec une accélération au cours du deuxième trimestre. Le chiffre d’affaires semestriel est en progression de 5,8 % en données comparables, à 2,97 Md€, le résultat d’exploitation de 27 % à 199 m€, ce qui correspond à une marge de 6,7 % contre 5,5 % en 2010. Le résultat net est un bénéfice de 52 m€ à rapprocher d’une perte de 64 l’an dernier, due à des facteurs exceptionnels. Etant donné qu’à mi septembre la direction ne constate aucune baisse de régime, ces chiffres intermédiaires laissent augurer d’un exercice 2011 satisfaisant, même si des éléments exceptionnels sont encore à prévoir cette année.

Objectifs de cours:

Le recentrage entrepris améliorera certainement également les résultats pour l’année prochaine, mais il ne faudrait pas que l’économie mondiale traverse une nouvelle rechute, comme les indicateurs publiés depuis cet été peuvent le laisser craindre. Le cours de l’action a beaucoup baissé, déjà depuis l’hiver, avec une accélération cet été, et manifestement le marché n’a pas salué la nouvelle orientation du modèle économique lorsqu’elle a été annoncée, comme s’il attendait de voir les résultats chiffrés de cette orientation ; il faut malgré tout reconnaître que le climat boursier est particulièrement méfiant et maussade depuis juillet.

Après tous les changements de direction que vient de connaître le groupe depuis six ans, il faut lui laisser le temps d’appliquer sa nouvelle stratégie. A 20 €, le titre capitalise 16 fois le bénéfice estimé par le consensus pour cette année, et un peu plus de 13 fois celui pour l’an prochain ; à condition bien entendu que la croissance économique mondiale ne ralentisse pas trop, y compris dans les pays émergents. Délestée de son pôle Tickets Restaurant depuis un peu plus d’un an, la société va devoir faire la preuve du bien-fondé de cette scission. Dans l’attente, nous ne recommanderions l’achat que le cours s’approchait de la valeur de l’actif net, soit vers 16 €. A surveiller.

Marc Bouche
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Directrice générale de Reso France, Marie partage avec vous l'actualité de l'emploi et des ressources humaines.